Le « Patron » du Lycée bilingue Ludmil Stoyanov est un des auteurs les plus remarquables de la littérature bulgare – poète, prosateur et dramaturge, traducteur de renommée européenne, écrivain humaniste, publiciste avec une position active dans la société. En raison de ses succès incontestables dans le domaine de la culture et la littérature, il fut nommé académicien en 1946.
Ludmil Stoyanov (c’est le pseudonyme artistique de Georgi Stoijkov Zlatarev) est né le 6 Février 1888 à Kovatchévitsa, village situé dans la région de Blagoevgrad. En 1905, il s`installe à Sofia où il travaille en tant que reporter dans les journaux « Priaporec » (drapeau de combat) et “Tribune des Balkans”. Il participe aux guerres de 1912 à 1918. Après la Première guerre mondiale, il déploie une grande activité de journaliste et d’écrivain. Stoyanov rédige la revue “Théâtre-Studia”, les journaux “Bulletin”(1932), “La Revue du Mouvement Antimilitariste”, “Bouclier” (1933-1935), “La Revue Littéraire”(1934-1935), “Brode”, “Monde Nouveau”, le recueil littéraire “Kormilo” (2 livres ; 1933), la revue “Balances” (en collaboration avec Géo Milev en 1920-1921), “Hypéron” (en collaboration avec Ivan Radoslavov et Théodore Trayanov), et “Presse Bulgare”. Il est aussi correspondant du journal français “l’Humanité” et représentant de la littérature bulgare engagée aux forums à l`étranger. Accompagné de sa femme – l`écrivain Maria Grublechiéva, il participe aux congrès internationaux des écrivains pour la défense de la paix et de la culture à Paris en 1935 et à Madrid et Valence en 1937.
L’académicien Ludmil Stoyanov est directeur de la section de littérature russe auprès de l’Académie des sciences (BAN), ainsi que rédacteur en chef des revues “Slaves” et “Septembre”. De 1953 à 1973, il est membre du Conseil Mondial de la Paix. Il fut également élu représentant du peuple dans la Troisième Assemblée Nationale.
Ses premiers recueils de poésie sont “Visions à la Croisée” (1914), et “Épée et parole” (1917), suivis de “Pramaika” (1925) et “Svetaia Svetih” (1926). En 1919, il publie ses premiers récits antimilitaristes “ La Vengeance de Raphaël Davidov” et “ Child Harold”. Son récit “La Pitié de Mars” évoque la révolte de l`auteur contre la cruauté, pendant les événements de septembre 1923. Parmi les récits en prose de Ludmil Stoyanov, on distingue les oeuvres “Khatidjé” (1924), le recueil de récits “Bitche Bojïi” (1927), les nouvelles “Les noces d`argent du colonel Matov” (1933), “Mehmed Sinap” (1936) et la nouvelle “Choléra” – l’oeuvre antimilitariste la plus remarquable de la littérature bulgare.
Les livres de Ludmil Stoyanov “L`Europe Contemporaine” (1936) et “Mes Rencontres” sont inspirés de ses contacts avec les grands représentants de la culture européenne.
En 1953 il publie un recueil poétique “Au-delà du Rideau de Fer”. La nouvelle « Enfance », publiée en1962 et le roman « Guerre » en 1973, constituent, quant à eux, deux ouvrages d’inspiration autobiographique.
Ludmil Stoyanov est également l`auteur de plusieurs drames: “Tomiris” (1921), “Apollone et Midas” (1923), “ La Mort de Rakovitsa” (1924), “Antigone” (1926), “Les Loups gardent le troupeau” (1936). Il a écrit plusieurs esquisses biographiques de Peyo Iavorov, Dimtcho Débelianov, Georgi Benkovski, Vassil Levski, Alexandre Stamboliïski, parues sous le titre “Esquisses littéraires des Ecrivains Bulgares et Russes” (1968).
Ludmil Stoyanov est en outre un des traducteurs actifs de la littérature russe. La première édition des essais de Pouchkine en 10 volumes (1942) et la collection complète des essais de Lermontov en 5 volumes (1942) sont publiées en bulgare. Il traduit certaines oeuvres de Gogol, Tourgueniev, Lev Tolstoï, Dostoïevski, Tchekhov, Shakespeare, Byron, Balzac, etc. L`écrivain utilise des pseudonymes comme Apostol P., Baldwin, A. Blagov, Erasmus, Eremia, Candid., Tantale, Telemah, Valerian Tihomirov et d`autres.
L`oeuvre de Ludmil Stoyanov est traduite en plusieurs langues. Il lui a plusieurs fois été décernée la médaille “G.Dimitrov” et celle de “La République Bulgare”. Il a reçu le prix international “Maxime Gorki” en 1972. Ludmil Stoyanov est mort le 11 avril 1973 à Sofia.












